Cette étude donne les premiers résultats de la première étude nationale menée sur ce thème, "entre avril et juin 2004, dans 292 unités de 71 établissements de santé.
L’échantillon de séjours était constitué de 8754 patients, suivis pendant une période de 7 jours, soit au total 35 234 journées d’hospitalisation observées.
Ces événements indésirables ont été considérés comme ayant un caractère de gravité (EIG) à partir du moment où ils étaient cause d’hospitalisation ou ils entrainaient une prolongation de l’hospitalisation, une incapacité à la sortie de l’unité ou un risque vital".
Deux catégories pour les 450 EIG identifiés :
les EIG ayant motivé l’hospitalisation, au nombre de 195, dont 46.2% sont considérés comme évitables.
les EIG identifiés au cours de l’hospitalisation, au nombre de 255, dont 35.4% sont considérés comme évitables.
Les tableaux suivants synthétisent les résultats :
Pourcentages, répartition des EIG, dont 40.3% sont évitables.
| | EIG causant hospitalisation | EIG causés par hospitalisation | Total |
| EIG | 45.5 | 54.5 | 100 |
| | dont 30.8 suite à médecine de ville et 14.7 suite à hospitalisation antérieure | | |
| | | soit un total de 69.2 EIG causés par une hospitalisation | |
| dont EIG évitables | 21.0 | 19.3 | 40.3% |
Près de 70% des EIG sont causés par une hospitalisation, actuelle (55%) ou antérieure (15%).
50% des EIG sont liés à des actes invasifs, 50% aux produits de santé (dont 38.7% de médicaments) [1].
Près de la moitié des EIG liés au médicament sont évitables : 50% pour les EIG causant des hospitalisations, 42% pour les EIG survenant au cours d’une hospitalisation.
Pourcentages par rapport aux nombres d’hospitalisations et de journées d’hospitalisation (et quelques précisions sur la répartition médecine vs chirurgie) :
| | EIG causant hospitalisation | | EIG causés par hospitalisation |
| EIG | 3 à 5% des hospitalisations [2] | | 0.66% des journées d’hospitalisation |
| | | | dont [0.46 à 0.78% médecine] et [0.5 à 0.86% chirurgie] |
| estimation* | 315 à 375 000 EIG | | 350 à 460 000 EIG |
| EIG évitables | [1.5 à 3.1% médecine] et [1.0 à 2.1% chirurgie] | | |
| estimation* | 125 à 165 000 | | 120 à 190 000 |
* L’estimation sur la France est faite en supposant qu’il n’y a pas de saisonnalité pour pouvoir généraliser.
Dans cette hypothèse (à confirmer), l’ordre de grandeur du nombre de ces EIG est donc de 345 000 + 405 000 soit 750 000, dont 145 000 + 155 000 = 300 000 évitables.
Un autre enseignement de cette étude est que les victimes de ces EIG sont des personnes plus âgées que les autres patients : de 4 ans en médecine, et de 5 ans en chirurgie.
Par ailleurs la gravité de la situation clinique de ces patients a été jugée plutôt très importante chez 68% des patients. ...
Elle tend à être plus importante pour les patients ayant vécu un EIG pendant leur hospitalisation (77.2%) que chez ceux hospitalisés pour cause d’EIG (57%).
...
De manière générale, la fragilité ou le comportement du patient, ou de son entourage, ont été jugés comme un facteur favorisant la survenue de l’EIG chez 71.5% des patients.
Accès à :
[1] Ce chiffre de 50% est sous-estimé d’après Edith Duffay, présidente d’AAQTE : "Pour des raisons méthodologiques, cette estimation est sous-évaluée de mon point de vue, l’épidémiologie ayant marqué le pas à l’analyse causale. Les événements indésirables graves liés à l’erreur médicamenteuse représenterait en réalité bien plus de la moitié"
[2] Le pourcentage est même encore plus variable, selon les établissements de santé (CHU à établissements privés), et médecine vs chirurgie. L’hypothèse avancée dans le document Drees, pour expliquer un taux jusqu’à 2 fois plus élevé dans les CHU, est que les cas pris en charge y sont plus complexes et avec un degré d’urgence plus élevé.